François Cosmos
04
avr.
2009
Elizabeth Costello de J.M. Coetzee. - Depuis Disgrâce déjà, un romancier au sommet de son art. On peut interrompre sa lecture à n'importe quel endroit, n'importe quel moment, on est apaisé : On sait maintenant qu'on n'a pas le don, qu'on n'est pas « élu du dieu » - selon l'expression qu'il emploie dans ce dernier roman, tout entier consacré à une interrogation sur l'acte d'écrire, sur les pouvoirs et les devoirs de l'écrivain, sur son destin -, qu'on aurait beau y travailler toute sa vie on n'arrivera jamais à rien de comparable, mais cela n'a plus aucune espèce d'importance. On peut poser le livre,...
François Cosmos
04
avr.
2009
On a toujours tort de parler d'un livre avant d'en avoir terminé la lecture. Mais j'avais eu finalement raison de l'interrompre au hasard et à temps pour aller prendre l'air : Elizabeth Costello ne tient pas très longtemps ses promesses du début, ne parvient pas à tenir la même note jusqu'au bout comme Disgrâce, chef-d'œuvre jusque-là indépassé par Coetzee. Il est, tout comme Foe ou Le Maître de Petersbourg, qui traitent aussi de la création littéraire, un ton au-dessous d'Au cœur des ténèbres, de Michael K. ou de L'Âge de fer. Philip Roth, lui, n'est jamais un ton au-dessous. Sans doute parce...
François Cosmos
02
avr.
2009
Un seul espoir (de transcender la terreur que peut nous inspirer la perspective de l'Au-delà ou la possibilité de son inexistence, la douleur infinie de devoir être irrémédiablement séparé des êtres, des lieux, des choses, des images, des mots, des musiques qui nous sont indispensables, l'absurdité sans bornes d'une vie dont les dernières années, les dernières semaines, les derniers jours, les derniers moments n'en font déjà plus véritablement partie...) : REFONDER LE CHRISTIANISME - auquel plus personne ne peut croire dans ses perspectives de consolation post-mortem. - Ce qui permettrait par la...
François Cosmos
01
avr.
2009
Extraordinaire invention que celle de la parité en politique, dont on se demande si par hasard elle n'aurait pas été perversement suggérée par les plus hypocrites des phallocrates, à un moment où il devenait de plus en plus évident que la menace physique et l'empêtrement dans les grossesses et les tâches d'éducation à répétition ne pourraient plus suffire à limiter la résistible ascension des femmes, et qu'alors il ne restait plus que cette solution pour les empêcher d'atteindre une position dominante, de dépasser les 50 %.
François Cosmos
31
mars
2009
Contrairement à la plupart des hommes, semble-t-il, le nôtre répugne à se mettre nu devant ses semblables du même sexe. Par exemple, plutôt que de partager le vestiaire des garçons, il préfère être le seul garçon dans celui des filles - et là, il assure ne pas parler de fantasme, mais de la réalité hétérosexuelle d'une société machiste. - Cette forme de contre-pudeur s'étend aux fonctions naturelles associées : Le jour qu'il a passé une urographie dynamique, comme il n'arrivait tout d'abord pas à pisser pour la caméra, l'infirmière l'a attribué à une retenue face à son sexe, et s'est mise à insister...