GRÂCE LITTÉRAIRE
04
avr.
2009
Elizabeth Costello de J.M. Coetzee. - Depuis Disgrâce déjà, un romancier au sommet de son art. On peut interrompre sa lecture à n'importe quel
endroit, n'importe quel moment, on est apaisé : On sait maintenant qu'on n'a pas le don, qu'on n'est pas « élu du dieu » - selon l'expression qu'il emploie dans
ce dernier roman, tout entier consacré à une interrogation sur l'acte d'écrire, sur les pouvoirs et les devoirs de l'écrivain, sur son destin -, qu'on aurait beau y travailler toute sa
vie on n'arrivera jamais à rien de comparable, mais cela n'a plus aucune espèce d'importance. On peut poser le livre, sortir dans le jardin humer l'air rafraîchi d'une des dernières soirées
d'été, contempler un moment les grands lambeaux immobiles de ciel bleu nuit, les nuages en train de perdre leur teinte rose, écouter encore le chant éternel des grillons, et puis rentrer se
coucher, toute angoisse éteinte... Seul le Roman, ce genre de grand roman, peut encore nous procurer cela, cette forme de plénitude...
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