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Le Moyen Véhicule : Auto d'édition Hypertexte à prétention littéraire

SEMI-RECTIFICATIF

François Cosmos
On a toujours tort de parler d'un livre avant d'en avoir terminé la lecture. Mais j'avais eu finalement raison de l'interrompre au hasard et à temps pour aller prendre l'air : Elizabeth Costello ne tient pas très longtemps ses promesses du début, ne parvient pas à tenir la même note jusqu'au bout comme Disgrâce, chef-d'œuvre jusque-là indépassé par Coetzee. Il est, tout comme Foe ou Le Maître de Petersbourg, qui traitent aussi de la création littéraire, un ton au-dessous d'Au cœur des ténèbres, de Michael K. ou de L'Âge de fer. Philip Roth, lui, n'est jamais un ton au-dessous. Sans doute parce qu'il parle de la création littéraire comme un romancier, et non avec l'approche déguisée d'un universitaire[1]... Cela ne change rien au reste de ce que j'avançais plus haut : Jamais sans doute Philip Roth n'écrira quelque chose de la hauteur de Disgrâce, ce pur objet romanesque.


[1] Dans son dernier opus, publié en traduction française au Seuil en octobre 2008, JMC évoque, même sous le masque semi-transparent d'un roman à moitié récit, sa vie d'écrivain (pages 246-249)  : « [...] c'est comme romancier plutôt qu'enseignant que je me suis fait une modeste réputation.

Mais aujourd'hui les critiques changent de refrain. Fondamentalement, disent-ils, il n'est pas du tout romancier, c'est un pédant qui fait de la fiction en amateur. Et j'en suis arrivé à un stade de ma vie où je commence à me demander s'ils n'ont pas raison, si tout le temps que je croyais me présenter sous un déguisement, je n'étais pas, en fait, nu.

[...] Je n'ai jamais bien su évoquer le réel, et j'ai encore moins de cœur à la tâche pour le faire maintenant.»  

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