François Cosmos
16
mai
2016
Dans 100 ans, 120 ans tout au plus, 150 si on table sur les progrès de la médecine et la progression de l'acharnement thérapeutique, en 2167 donc, on sera tous morts, disparus de la surface de cette Terre, même les bébés qui viennent de naître et qui n'arrêtent pas de le faire depuis que j'ai commencé d'écrire cette phrase. Tous. On va céder la place à de parfaits inconnus, à des étrangers – quel que soit leur degré de partage avec nous de gènes ou d'une nationalité. La question qui se pose n'est donc même pas à quels enfants on va laisser la Planète, mais à quels éducateurs on va confier la transmission,...
François Cosmos
13
mai
2016
Le jeune recruté-type des professions intellectuelles devient de plus en plus quelqu’un croyant d’autant plus tout savoir qu’il est plus ignorant – ignorant non seulement ce qu’il ignore, mais en plus qu’il ignore quelque chose. – Les jeunes gens ont toujours voulu révolutionner les idées, mais le contenu des idées auxquelles ils s’attaquent devient, de génération en génération, paradoxalement – alors que la masse des connaissances de l’Humanité augmente sans cesse –, de plus en plus pauvre, car de plus en plus limité dans le temps qu’ils connaissent à partir de leur présent. Ils finiront par des...
François Cosmos
13
mai
2016
Notre homme s’entend souvent reprocher par ses collègues que ses courriels seraient trop longs. – C’est vrai qu’ils dépassent fréquemment les dix lignes qui seules apparaissent sur les écrans d’ordinateurs si l’on ne veut pas faire de manipulation d’agrandissement supplémentaire, et donc qu’ils pourraient faire perdre un peu de leur précieux temps à leurs lecteurs potentiels. Mais c’est surtout que dans un milieu contaminé par l’influence du court message publicitaire, on a perdu l’habitude de la lente lecture, et par conséquent aussi de lire rapidement, et donc de lire tout court, de vraiment...
François Cosmos
13
mai
2016
La spécialisation a longtemps été majoritairement un approfondissement – on en voit encore quelques-uns, dans les couloirs des universités et des centres de recherche, de ces véritables spécialistes-là. Mais elle peut maintenant se limiter à n’être qu’une accumulation de choses qui resteront largement superficielles ; et chacun s’applique à trouver son propre sillon, dans lequel si possible personne n’a encore mis le pied, qu’il parcourra sans cesse dans les deux sens, sans jamais vraiment le creuser.
François Cosmos
23
avr.
2016
Face à l'absence de réelle perspective qui se dégagerait du mouvement Nuit Debout – comme à celle des alternatives contre lesquelles il s'élève légitimement –, une seule attitude semble s'imposer : la JOURNÉE COUCHÉE.